mercredi 11 août 2010
Tailtiu
Elle est fille et femme de roi : fille du roi Magmor, et femme du dernier roi des Fir Bolg, Eochaid Mac Erc. Ayant survécu à la « Première Bataille de Mag Tured » qui voit la défaite des Fir Bolg par les Tuatha De Danann, elle devient la femme d'Eochu le Rude, prince des Tuatha De Danann et la mère adoptive de Lug. Elle est sa nourrice, celle qui lui a donné le sein, qui l'a nourri de son lait blanc et élevé.
Elle défriche la forêt de Breg, qui fait place à un champ de trèfle, la plaine de Bregmar, pâturage pour les troupeaux de son peuple d'adoption et plaine cultivable pour faire pousser les céréales. Cet exploit la fait mourir d'épuisement.
Mais avant de mourir, elle fait une prophétie, une promesse : « Aussi longtemps qu'un prince me reconnaîtra, l'Irlande ne sera pas sans perfection de chant. » Autrement dit : « Aussi longtemps qu'on honorera ma mémoire, j'accorderai fertilité à la terre et aux hommes. »
Et c'est ainsi en son honneur que Lug institue les jeux de l'assemblée de Tailtiu, et c'est cette commémoration instituée par Lug qu'on appelle Lugnasad.
Ainsi Tailtiu, dont le nom indique à l'origine une déesse chtonienne, meurt en divinité agraire qui assure par son sacrifice la pérennité et le bien être matériel de son peuple. Les jeux funèbres que Lug institue en son honneur suivent le principe de la commémoration perpétuelle pour que la Déesse puisse tenir sa promesse de richesse matérielle, ils en sont la garantie et la contrepartie.
La non-célébration de la fête était une cause de calamité et c'était au prince régnant de veiller à ce que rien de tel ne se produise. Le prince agissait donc au titre de successeur de Lug comme moteur de la fête, en honorant en Tailtiu la Terre-Mère qui assure la subsistance de la Souveraineté et en manifestant la fonction royale essentielle : le don. C'est une fête d'amitié et de prospérité, d'où impuretés et combats sont bannis.
En résumé les relations de Lug et de Tailtiu s'inscrivent dans le cadre d'une fête divine et perpétuelle, royale et d'obligation, protégeant des calamités, et assurant la paix et l'abondance.
Tailtiu est l'incarnation de la souveraineté et de la fertilité de l'Irlande, et par là plus globalement de la Terre-Mère. Elle est nourricière, de Lug, puis de son peuple, généreuse, donnant tout son être pour son peuple d'adoption, civilisatrice, transformant la forêt, lieu sauvage hostile aux hommes, en plaine accueillante, lieu d'abondance.
Comment honorer aujourd'hui la mémoire de Tailtiu ? Il n'est plus de Prince pour assurer la célébration, pour commémorer en successeur de Lug la mémoire de la mère nourricière. Mais nous sommes là. Nous nous souvenons. Mieux, nous ressentons à nouveau cette force primordiale que manifesta Tailtiu, cette force du don de soi, don du lait de la nourrice, don de la force vitale au travail, don du blé fauché qui devenu farine puis pain nourrira les hommes. Cette force que Tailtiu incarne, nous l'honorons aujourd'hui, non pas par la fête royale que connut l'Irlande, mais par la fête d'amitié de notre clairière, par la célébration de ce rituel, modeste mais sincère. Forme différente, mais intention identique.
Nous te remercions pour ce don de toi, Tailtiu, pour ce chemin de la générosité et du désintéressement qui se transforme en richesse, abondance et prospérité devant lequel tu place nos pas, et que nous essayons de suivre de notre mieux. Car tu n'es pas morte ce jour-là dans la plaine fraîchement défrichée. Tes forces ne se sont pas taries, elles se sont juste transportées ailleurs. Ton corps travaillé par l'effort s'est transformé en nourriture, en espace, en joie, et depuis ce jour, mille fois tu renais, t'épanouissant dans l'herbe verte et le cœur des hommes. Ta vie est dans la mort comme don, comme lieu et moment nécessaire pour la régénération du cycle de la nature. La mort est dans la vie, et la vie dans la mort, et au cœur de ce mystère se trouve le courage d'aller au bout de ses forces, de ses limites, de son courage, au bout de soi sans craindre de disparaître, puisque nous ne ferons que renaître en ce que nous aurons nourri, élevé, dans tous les sens du terme.
Ainsi en honorant Tailtiu, en lui dédicaçant offrandes et pensées, les princes faisaient renaître chaque années les forces vitales de l'Irlande, socle de leur souveraineté, et à notre tour nous faisons renaître les forces vitales de la roue de l'année, de notre terroir et de nos vies.
Certes nous ne sommes plus en Irlande, et le temps des grandes assemblées et des foires est bien loin, mais nous te prions, Tailtiu, toi qui donna ta vie pour un peuple que tu adoptas alors qu'il avait combattu les tiens, de bien vouloir nous adopter à notre tour, nous qui souhaitons renouveler aujourd'hui la foi ancestrale sur nos terres, et nous guider sur le chemin du don de soi à l'autre, au monde, pour que nos forces nourrissent et éclairent les nôtres et le monde, à l'humble mesure de notre vitalité. Reçois ces offrandes en remerciement.
Yavanna
mardi 28 juillet 2009
Lugnasad en Quercy

Belle rencontre en Quercy pour célébrer Lughnasad qui a réuni tous les membres ainsi que notre cousin Aodfhin de la clairière du Chêne.
Merci à Yavanna et Gwydyon de nous avoir accueillis.

Belles terres de Quercy,
Mémoire de pierres qui martèle le terroir.
Esprit des chênes qui hantent les collines,
Au son des cigales qui s’entêtent.
Instant présent, partage authentique dans la simplicité,
Union des cœurs et des couleurs.
Variation et intensité, densité des chants et des paroles.
Souffle des dieux qui balaye les visages et appelle le respect.
Appel du lieu à l’union sacrée.
Amis et membres de l’assemblée, Edobola rassemblé.
Cœurs battant au son vaillant,
Au soleil agonisant, donne son dernier souffle avant la fin.
Déroule le temps, l’instant d’une roue, Perdu dans le battement des repères immémoriaux.
Au grand Lugus qui enterre sa mère le jour du sacrifice du blé.
Aux silences qui donnent réponse aux esprits qui s’agitent.
Oh terre d’accueil et de mémoire,
portez vos messages et interrogez le questeur qui chemine.
Afang - cheminant
lundi 27 juillet 2009
L’Appel de la Paix sur Edobola et le Chêne
Invoquer la paix par des pierres consacrées par Lugh et les offrir à ceux qui tiennent les portes aux quatre directions du cercle, c’est faire un don d’amitié et d’amour aux membres de la clairière d’Edobola et du Chêne, mais aussi leur lancer une invitation à s’ancrer dans la terre pour favoriser leur recentrage, propice à la paix. C’était là la première de mes intentions sacrée.
Mais très vite la seconde intention m’est apparue, fluide et enthousiasmante : j’ai senti que chaque pierre devait les mettre en connexion avec l’énergie et la force symbolique de la direction à laquelle ils seraient rattachés lors de la cérémonie de Lughnasad. Ainsi ai-je choisi de représenter cela en associant chaque direction à l’animal sacré qui lui est lié : l’ours, le cerf, le saumon et le faucon.
Chaque gardien des directions a donc hérité d’un galet poli par les eaux et décoré par mes soins. J’ai pris une heure de mon temps, la veille de la cérémonie de Lughnasad, pour invoquer Lugh et lui demander de présider à la bénédiction des pierres par les quatre éléments et directions qui gouvernent le Cercle Sacré.
Les 4 pierres de la paix dans la main gauche de leur héritier, selon les quatre directions et au sens dextrogyre, comme dans un cercle sacré.Gwydyon Alnoreen Perceforest - Mabinog
vendredi 1 août 2008
Joyeux Lugnasad !
Pour commencer, offrandes aux esprits du lieu dans notre jardin, avec nos premiers fruits, légumes ou fleurs.
Puis direction notre colline pour célébrer Lugnasad. Un rapace nous accueillit par ses cris, puis des corbeaux, durant la cérémonie.
Quelques mûres ont mystérieusement disparu. Pourquoi ?
Voici un élément de réponse ;-) !
Réflexion sur ce que nous avons récolté durant ce cycle et sur les moissons à venir dans notre vie.
Joyeux Lugnasad à tous !
Armana
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Chant
Chant de l’oiseau volant dans le ciel,
Cri du souffle sacré appelant la célébration.
Accompagné par les chants et murmures, avons gravi le tertre sacré,
Rendu hommage à l’esprit du lieu,
Accueillis par la belle du lieu.
Ancrés dans le cercle, cris des grands noirs au loin,
Chante la clameur des divinités honorées…
Unis dans le cercle pour célébrer, chanter,
La vie souffle, s’essouffle, s’étire,
Célébration à l’unisson, passion en chansons,
Vibration de l’Awen, chante au loin,
Union de nos âmes et de la vie.
Chante et danse avec l’esprit du lieu.
La porte est passée.
Astur
jeudi 2 août 2007
Lugnasad
Cette année de vie immergée à la campagne nous aura permis de nous replonger dans le cycle des cultures. Nous avons pu voir germer, pousser, fleurir et mûrir ce blé ; voir ses douces ondulations sous la caresse du vent, entendre craquer ses épis murs, puis enfin le voir se faire moissonner (avec cette machine un peu monstrueuse qui ressemble à un tank de guerre, mais bon,...).
Nous voici donc à ce moment de l'année, où l'on fait le point sur les récoltes terminées et celles à venir. Dans nos champs charentais, le colza, l'orge et le blé ont été moissonnés, et viendront plus tard le tournesol, le maïs, les noix. Les champs ont été fauchés et sont parsemés de bottes de foin. Et la Terre qui nous était cachée par cette abondance de culture refait surface, noire et sèche.
